Marché de Nouméa : little Vietnam

Une matinée comme je les aime.

Déposée en voiture à 7h30 à proximité du port Moselle, je suis partie pour une découverte du marché de Nouméa.

Il est ouvert tous les jours sauf le lundi à partir de 5 h du matin. Je ne suis pas encore entraînée à y aller à 5h du matin. Mais trop tarder était prendre le risque de ne pas trouver ce que je veux. On m’a conseillé de venir tôt pour avoir du choix. Par ailleurs, la chaleur n’aurait pas été tolérable après 10 h.

Localisation du marché

Pour ma première expédition, je me suis limitée qu’à une petite partie du marché. Je laisse la partie souvenirs et vêtements pour plus tard. Paraît il qu’il y a des soldes ce week-end.

Je me suis dirigée d’emblée sous Les Halles vers les fruits et légumes locaux. J’ai l’impression qu’en cette période de vacances d’été (je ne m’y fais pas encore à cette inversion de saison), beaucoup de marchands étaient de repos. Les stands étaient achalandés mais parsemés au centre du marché.

Il faudra que je teste un jour les gâteaux locaux mais avec cette chaleur, je n’avais pas de fringale.

Et là surprise : immersion dans un marché vietnamien!

J’entends les commerçants discuter avec les marchands. Très peu de clients cette semaine, semble-t-il. A en croire le restaurateur, la salade était bradée (j’ai du mal à le croire à 300 F le kilo).

Et surtout, j’entends des personnes âgées parler en vietnamien avec les vendeurs. Wohh !!!

On m’avait dit qu’il y avait une communauté asiatique et j’avais remarqué les nombreux restaurants vietnamiens sur la route.

Mais de là à commander en vietnamien… Peu savent à quel point ça me réchauffe le coeur !

Du coup, je me suis un peu emballée dans mes achats.

Doudou, j’ai même trouvé du rau ram et du tofu artisanal !!! Il ne manque plus que le tia to…

J’oublie souvent qu’un kilo après l’autre, les courses aller commencer à peser. Le sac à dos débordait un chouia mais j’étais galvanisée par un retour aux sources.

Petite digression pour comprendre d’oû vient cette communauté vietnamienne. Je suis allée picorer des informations sur wikipedia.

Chân Đăng, traduit littéralement par « Pied engagé », est le nom donné aux engagés sous contrat vietnamiens, venus à partir de 1891, travailler en Nouvelle – Calédonie et Vanuatu. Il s’agit principalement de prisonniers du bagne de Poulo Condor. Dès 1895, le recrutement s’effectue directement au port de Hai Phong, des travailleurs libres originaires pour travailler dans les mines de nickel, pour cinq ans renouvelables, période à l’issue de laquelle elle est rapatriée. En raison du déclenchement de la Seconde-Guerre mondiale, les rapatriements sont suspendus, ils reprennent de manière intermittente à la fin des années 1940 mais le reste des Chân Đăng doit attendre la fin de la guerre d’Indochine avoir la possibilité de revenir dans leur pays.

Entre temps, leur situation évolue en Nouvelle-Calédonie. À partir de 1945, mécontents de leurs conditions de travail et du fait que les autorités françaises sont dans l’impossibilité d’effectuer leur rapatriement, ils s’engagent dans de violentes luttes sociales au cours desquelles ils affichent leur allégeance au Viet Minh, engagé dans une lutte anti-coloniale contre l’armée française. Leur mobilité sociale s’améliore après l’abolition du code de l’indigénat en 1946, ce qui leur permet d’accéder à des professions intermédiaires.

Durant la période 1960-64, la majorité des Vietnamiens part, ceux qui restent s’intègrent aux caldoches, notamment par le mariage.

Je comprends mieux certaines devantures.

L’intégration n’a pas été simple pour ces vietnamiens engagés. Un très bon article du cri du cagou revient sur leur histoire jusqu’à ce jour: La communauté laborieuse des vietnamiens

Des campagnes anti-viêt se lancèrent, entre 1956 et 1958, avec des slogans comme « N’achetez plus aux Indochinois. Achetez aux commerçants français ! » ou « Acheter chez un Vietnamien, c’est trahir la France ! ». Puis un groupuscule, le C.D.I.C. (Comité de Défense des Intérêts Calédoniens) lança des actions violentes avec des slogans comme « Viêt dehors ! », « Viêt partez ! ». Sujet difficile pour les « Niaoulis » qui (comme pour les Javanais) sont les enfants vietnamiens, nés en Nouvelle-Calédonie et qui ne connaissaient rien du pays d’origine de leurs parents.

Mais aujourd’hui, la communauté vietnamienne s’est installée en Nouvelle-Calédonie. Certains descendants des Chân Đăng transmettent leur héritage vietnamien au travers de manifestations culturelles. Certains qui sont partis enfants au Vietnam, ont pu revenir dans leur pays natal: vietnamiens-retrouvent-pays-coeur-apres-50-ans-exil

J’ai discuté quelques minutes avec une vendeuse. « Ah mais on n’est pas beaucoup, pas comme en France. Il y a aussi des chinois. Mon mari est vietnamien aussi mais un vrai parisien qui a grandi là-bas. Un bon job de directeur. Il y a 10 ans, il en a eu marre de vivre dans un minuscule appartement, sous un ciel gris. » Et les voilà à Nouméa avec des hectares de terrain, à produire fruits et légumes.

J’avais aussi remarqué quelques boutiques asiatiques au centre-ville de Nouméa, aux noms très vietnamiens.

Le quartier compris entre l’Avenue de la Victoire, la place des Cocotiers, la rue du général Mangin et l’avenue du Maréchal Foch, est qualifié de « Chinatown », mais majoritairement ce sont des vietnamiens d’origine.

A 8h, je sortais du marché avec 6-7 kilos de fruits et légumes presque tous locaux. J’ai fait une entorse en prenant des tomates et avocats importés. J’avais eu la merveilleuse idée de rajouter 1,5 litres d’eau.

Par chance, l’arrêt de bus est situé à 2 minutes du marché, juste après le parking. Et pour couronner le tout, la ligne 11 est arrivée de suite.

Les transports en commun : ma deuxième passion après les marchés!

La ville de Nouméa est desservie par http://www.karuiabus.nc .

Encore une fois, un chauffeur très sympa. 210 F le ticket à bord.

J’ai pu profiter de la vue surélevée des bus en longeant les baies. Un petit bémol pour la musique à fond qui me rappellent les bus antillais mais les sonorités étaient agréables.

Voilà la vision en descendant du bus :

J’ai hâte de profiter de ces transats publics de la Baie des citrons.

Mais pour le moment, je voulais marcher, je suis servie.

Seulement 5 minutes de marche mais intenses. La récompense se trouve au sommet après 1kg perdu en sueur.

Ce sera repos pour le reste de la journée…

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de popknel popknel dit :

    Incroyable cette rencontre avec les vietnamiens a Nouméa !!!!

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