Petite exploration du Parc de la Rivière bleue

Bien avant mon arrivée sur le Caillou, mon amie, résidente calédonienne, nous avait organisé un maximum d’activités. C’est bien la première fois que je me laisse porter pendant mes vacances.

« Enfin, si c’est pour rater son avion, c’est bien la peine que tu planifies », me dirait-elle.

Au programme, nous prenons la voiture en direction de Mont-Dore pour environ 1h30 de route. Une fois sorties de Nouméa, le parcours jusqu’au Parc provincial, bien que sinueux, est très agréable. La route est bien entretenue et bien qu’il n’y ait pas de tracé au milieu, il y a largement la place pour se croiser à 60 km/h.

Nous voyons ces reliefs se découvrir, en traversant des rochers de terre rouge. La température chute également et nous avons droit à quelques gouttes de pluie bienvenues.

On comprend très vite que cette magnifique couleur rouge va nous agacer plus tard, tant elle va être résistante au lavage.

Prévoyez donc plutôt des vêtements sombres et facilement lavable, des chaussures anti-dérapantes, d’eau et auxquelles vous ne tenez pas trop, pour aller dans la rivière.

Un avant-goût vu du ciel: https://webtv.province-sud.nc/videos.

La 1ère étape était de réception notre hébergement, situé au sein de la Réserve naturelle. Un nouveau concept dans le Parc depuis 2017 : le Glamping au milieu de la forêt géré par Alan. L’entrée est située à quelques mètres avant la billetterie du Parc provincial.

plus d’infos sur Le camp des kaoris

L’espace est très bien aménagé avec des « canadiennes » à la structure en bois, très sommaire mais solide. Cela semble résister aux intempéries.

Priscille nous a réservé le modèle au-dessus, la cabane Pandanus qui bénéficie d’une porte qui ferme à clé et d’un matelas assez épais.

Les sanitaires sont communs avec savon, papier, eau chaude pour les douches. La cuisine ouverte dispose de vaisselle si besoin.

Attention: Il faut prévoir suffisamment de nourriture pour la durée du séjour car il n’y a rien sur place ou dans les environs

Des équipements pour petits et grands, notamment de grands filets tendus oû il semble agréable de se prélacer.

Avec notre programme chargé, je n’ai pas pris le temps de tester.

Le soir même, nous avions rendez vous à l’entrée du Parc provincial de la Rivière bleue à 17h30 pour une exploration en canoë kayak. Ne serait-ce que pour comprendre le point de rendez-vous, nous avons bougé la voiture 3 fois.

La réserve naturelle étant fermée officiellement à 17h, nous ne savions pas s’il fallait attendre à l’extérieur. D’un autre côté, nous avion peur d’être enfermées à la tombée de la nuit, sans moyen de rejoindre le camping.

Finalement, après 20 minutes de retard, nous sommes rejoint par l’équipe organisatrice H20 odyssee

Nous entrons alors tous en voiture dans le Parc en suivant le guide autorisé. La mise à l’eau des kayaks se fait à 10 minutes de route après le portail du Parc. Ils avaient déjà sorti les canoë au plus près des berges de la Rivière. Une épreuve physique en moins ! Ouf !

Nous avions ensuite des gilets de sauvetage en bon état et des boîtes ou sacs étanches à disposition pour nos affaires personnelles. A la distribution des pagaies, j’étais dubitative à la vision de la pagaie. Bien que non professionnelle, j’avais fait un peu de kayak et donc avec des pagaies à double-tête. Là, je sentais déjà que j’allais fatiguer à pagayer que d’un côté.

Après quelques explications, nous sommes réparties en équipe de 3 et nous sommes chargés de mettre le canoë à l’eau.

Le guide nous conseille vivement d’enlever nos chaussures pour ne pas les engluer dans la boue rouge caractéristique du Parc. Je n’étais pas emballée à la vue des pierres sous la boue. J’aurai du suivre mon instinct.

J’aurai preféré laver ou jeter mes chaussures que de me blesser le pied.

D’autant plus que j’avais des chaussures d’eau anti-dérapantes qui m’auraient bien protégé. Tant pis, ça m’apprendra…

Le canoë en lui même, est assez confortable. Nous sommes assis sur un siège tressé, donc bien au sec. Ne sachant pas barrer, j’ai laissé la place arrière à un autre participant que l’on a du séparer de sa compagne.

Nous avons eu un léger problème de synchronisation les premiers mètres car je n’avais pas compris qu’étant à l’avant, je devais donner le cap. Cependant, la balade reste accessible, même pour les débutants.

Nous traversons ainsi la célèbre Forêt noyée, qui résulte de la construction du barrage de Yaté en 1959. Ces arbres immergés, imputrescibles, portent bien leur nom de chêne gomme.

Mon rôle était d’autant plus important qu’il a fallu slalomer entre tous ces troncs et branches d’arbres. Les collisions ne sont pas toutes de ma responsabilité mais allant très doucement, personne ne s’est retrouvé à l’eau.

L’activité canoë est proposée en journée sur toute l’année. La traversée de nuit n’est, en revanche, possible que 3 jours par mois, lors de la Pleine Lune.

Nous avions droit, en plus, à la Super Lune. Malheureusement, le ciel était couvert une grande partie du trajet. Cela rajouté au fait que je n’ai pas réussi à dompter la Go-Pro, je n’ai pas de photos de la traversée.

Un pique-nique était prévu au milieu de la balade, autour d’une boisson chaude. Mais les organisateurs avaient oublié le réchaud. Nous avions déjà mangé alors nous avons attendu que chacun ait fini de grignoter et de papoter.

Ça aurait valu le coup d’avoir un peu plus d’information sur la Réserve pendant ce temps convivial.

Mais nous avons, tout de même, partagé la galette des Rois avant de nous remettre en canoë.

Au retour, la Lune était plus visible et permettait un spectacle plein de mystère, malheureusement perturbé par mes nouveaux camarades.

Voulant réunir le couple séparé, j’ai proposé de rejoindre d’échanger avec la compagne de notre barreur. Quelle idée?!!! Mes nouveaux co-équipiers étaient à la fois dissipés, mal synchronisés ET compétiteurs. Ils ont voulu faire la course, tout en ne sachant pas tenir le cap. Alors que l’aller s’était passé tranquillement, je commençais à sentir les contractures musculaires. De son côté, mon amie a du supporter la petite crise du couple reconstitué. Avec le recul, on se dit qu’il était peut être content d’être avec nous au début.

C’est ainsi avec 1h de retard et exténuées que nous rejoignons le camping mais avec la satisfaction de l’avoir fait.

Ma nuit en Pandanus s’est fort bien déroulée. Mais, pensez aux boules quies si vous partagez le lit avec quelqu’un qui ronfle comme moi. La pauvre Prisc a fini sa nuit dans la voiture ;(

Après cette nuit écourtée, la courageuse a continué son programme initialement prévu : Balade dans le Parc Provincial de la Rivière Bleue qui s’étend sur 22 000 hectares, créé en 1980.

Ce domaine protégé reste accessible aux petites bourses :

Prix d’entrée adulte : 600 F

1/2 tarifs pour enfants, étudiants, séniors, personnes avec handicap

Navette en mini-bus : 400 F

Les tarifs changeaient au moment de notre passage ( +200F). Pensez donc à vérifier et à réserver la Navette dès l’entrée.

Nous commençons par explorer le Sud du parc accessible en voiture pendant 40 minutes sur les pistes forestières avec des sentiers de randonnée faciles et quelques accès à la Rivière Blanche.

Le Nord du parc, bien plus étendu, permet plus de randonnées d’une à 6 heures avec différents niveaux de difficultés. Pour y accéder, nous avons stationné au parking aménagé juste avant le Pont Pérignon. Une petite buvette permet de se réapprovisionner en boisson fraîche, pour des prix raisonnables pour la Nouvelle-Calédonie ( 200 F la grande bouteille d’eau).

Ensuite, la navette type mini-bus nous récupère avec possibilité d’y poser les vélos. Moi qui ne sait toujours pas faire de vélo,  » Cette navette a été créée pour moi » dixit mon amie.

Pratique pour parcourir les 18km et choisir ensuite le sentier de randonnée. Il me parait impossible de parcourir à pied ce trajet. Sinon, vous risquer de passer à côté de sites exceptionnels. Même à vélo, nous conseillons de parcourir une grande partie en navette afin de profiter ensuite des sentiers.

Il y a régulièrement des aires de pique-nique, des sanitaires, des téléphones en cas d’urgence.

La navette a plusieurs arrêts pour récupérer des visiteurs mais surtout pour que l’on puisse faire des photos.

Je découvre ainsi de jour la Forêt noyée par le barrage de Yaté. Ce site me parait encore plus extra-ordinaire de cette façon.

Nous sommes ensuite arrêtées devant Le grand Kaori. Un arbre vieux de mille ans, au tronc si imposant que je n’ai pas pu le faire cadrer dans une photo. C’est une espèce protégée qui est très sensible au feu. La population est passée de 70 à 22% en quelques années.

Durant ce parcours, nous avons eu affaire à Marco, un Chauffeur adorable. Il s’est inquiété de savoir notre programme.

En vrai chef de famille, il a accompagné 3 ados dans une aire de camping et en leur serrant la main, leur a donné quelques recommandations.

Il a anticipé nos besoins en nous posant quelques mètres avant le sentier de randonnée afin que nous profitions de la rivière.

Dire que l’on a failli passer à côté de ce havre de paix.

Ce rafraichissement était le bienvenu en cette saison seche et chaude. Même en plongeant le corps entier, vous êtes secs en 15 minutes. Imaginez si vous n’avez ni eau, ni casquette.

Après cette pause rapide, nous prenons le Sentier de la Source: Un chemin ombragé assez simple. Mis à part un passage sur des blocs de pierre, très dangereux par temps de pluie, le parcours était accessible. Annoncé en 1h, nous l’avons parcouru en 40 minutes sans se presser.

Nous avons retrouvé le parcours de la navette au Pont Germain

Ce fut l’occasion, à nouveau, de profiter de la rivière pendant 20 minutes puis être récupérées par le même chauffeur tràs sympa.

Au retour, nous avons pu voir le Cagou, oiseau-emblême de Nouvelle caledonie. Espèce protégée car en voie de disparition, il ne vole pas et ne pond qu’un œuf par an, souvent mangé par les chiens. Voilà pourquoi aucun animal n’est toléré dans la Réserve.

Ce parc mérite d’être exploré plusieurs fois pour admirer l’évolution de la nature. J’espère que les Caledoniens ont l’occasion de découvrir ce joyau de leur pays.

Retour courbaturée mais ravie.

J’espère avoir fait un résumé à la hauteur de l’organisation de Priscille.

Elle a même su anticiper un gros problème: entre Nouméa et le Parc de la Rivière Bleue, la traversée de St Louis est obligatoire. Ce quartier est dit sensible car régulièrement les voitures sont caillassées à leur passage. Et bien, de manière imprévue, les forces de l’Ordre ont bloqué ce tronçon entre 20H30 et 2h du matin. Pendant que nous dormions dans la forêt, des kayakistes épuisés ont du rester bloqués sur la route.

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