C’est parti pour 7 jours pour réaliser notre courte boucle sur la Grande-Terre.
Nous prendrons la route tous les 3 jours pour rouler au petit matin et éviter les grosses chaleurs. L’avantage en Nouvelle-Calédonie, c’est que la plupart des agences ouvrent très tôt. Nous réceptionnons donc la voiture de location à 7h30. Le temps de faire le tour du véhicule et de donner la caution (150 000 francs tout de même) , nous sommes en route pour l’aventure à 7h50. Très bon timing pour éviter les embouteillages du centre-ville de Nouméa.
Une fois passé l’aéroport de Tontouta, nous avons croisé très peu de panneaux routiers. Mais, avec seul grand axe sur la côte Ouest et en ayant en tête le nom des villes à traverser, il n’y a pas eu de difficulté. La chaussée est très bien entretenue entre Nouméa et Bourail. Elle est assez large avec peu de virage, avec quelques portions à 110 km/h.

Nous faisons une halte à Boulouparis pour découvrir quelques produits de distillerie avec les explications sur la production et les vertus des essences mise en vente.

En poursuivant notre chemin, nous comprenons l’appellation Far west calédonien devant ces immenses plaines dévolues à l’élevage du bétail. Nous n’avons pas pu venir le jour du marché de Bourail mais il est réputé pour ses nombreux produits de terroirs ( cochons, cerfs, volaille, abeille, etc…).
A défaut de rencontrer la partie rurale de la ville, nous sommes allée découvrir la partie balnéaire avec les 17 km de plage de Poé et l’immense lagon protégé de la houle.
Le sentier des 3 baies
Après le pont de Nera, nous avons pris à gauche en direction de La Roche percée.
Le parking est le point de départ du sentier des 3 baies qui est très bien balisé. Il est annoncé en 1h30 mais pour prendre le temps d’admirer la vue, je dirais 2heures pour les marcheurs occasionnels.
- Distance : 3,8km A/R
- Dénivelé cumulé : 335 mètres
La balade est facile mais avec pas mal d’escaliers à emprunter. L’effort à fournir est vite compensée par les multiples points de vue sur les 3 baies:
- La baie de la Roche Percée, avec au bout le « Bonhomme » : un gros rocher attenant à la falaise et qui représente dans les légendes kanak, le gardien de la « porte des morts »
Comme il est déconseillé de s’approcher de trop près de ce rocher, nous avons préféré prendre de la hauteur pour l’observer. Ce qui ne tarde pas au vu des escaliers qui feront nos mollets.


Cette plage était fermée à la baignade depuis 2 jours car un requin a été signalé par une touriste en stand-up paddle. Les habitants nous ont dit qu’il y en a des centaines sans pour autant qu’il y ait un danger à la baignade.
- La baie des tortues, situés dans la baie de Gouaro, en face de la passe Popinée qui génère souvent des vagues. Cette plage de sable blanc, est interdite à la baignade car elle peut être dangereuse mais surtout pour protéger les tortues marines qui viennent y pondre.
Nous avons été impressionnées par ses immenses pins colonnaires. Ces arbres que nous découvrons ce premier jour, vont nous accompagner tout au long de notre merveilleux séjour en Nouvelle-Calédonie.

Avant de poursuivre le sentier, il est suggéré une incartade rapide vers une statue de la Vierge Notre Dame des flots. Avec ce magnifique temps, nous profitons de la vue sur le lagon et l’arrière pays avec le fleuve, la Nera, ondulant entre plaine et montagne avant de se jeter dans la mer.
Je ne me lasserais plus de ces statues (et cimetières) fleuries de toutes les couleurs. Alors oui, ce sont des fleurs artificielles mais la beauté n’en dure que plus longtemps.



- La baie des amoureux et ses pandanus, dont le nom provient d’une légende mettant en jeu deux jeunes gens amoureux issus de tribus rivales.
Plus pragmatiquement, la plage intimiste permet les rendez-vous amoureux à l’abri des regards. Je ne mettrais donc pas de photos 😉
Nous avons profité pour faire trempette aux côtés d’une famille australienne, apparemment ravie, elle aussi, de ce moment de fraîcheur.
A savoir: les différentes baies sont accessibles en voiture (quelques marches les séparent de la plage).
Traversée de la tribu de Gouaro
Nous poursuivons vers la route de Poé avec une zone de ralentissement à 30 km/h et quelques dos d’âne. Quelques maisons sont visibles discrètement derrière les magnifiques arbres. Nous croisons pour la première fois des stands permettant aux habitants de la tribu de vendre quelques fruits.

Ici, une panière mêlant mangues, pomme-liane (fruit de la passion), mangues pour 1000 francs. Nous avons opté pour le sac garni de mangues pour 500 francs qui nous a sauvé quelques repas. Les sous sont à déposer dans une boîte en plastique.

Pour déjeuner, nous avons choisi l’agréable table Le Rêve de Nemo qui propose des plats frais et copieux pour environ 1800 francs : https://www.facebook.com/lerevedenemo

Hébergement à l’ Auberge de jeunesse de Poé
Adresse: Lot 27, Route de Poé, 98870 Bourail, NOUVELLE-CALÉDONIE
Depuis Nouméa, nous avons pris la direction de Bourail. Puis sur la RT1, un panneau indique de tourner à gauche vers la route de Poé, juste après le Pont de la Néra. Il faut suivre la RP20 (ou route de Poé) et traverser la tribu de Gouaro. En arrivant sur le site de Poé, derrière le camping de Poé, tournez à droite pour longer l’océan. L’auberge se trouve au bout dans un virage où un petit panneau indique le parking.L’accueil est fermé entre 12h et 14h.
Téléphone +687418208
resa.poe@aubergesdejeunesse.nc
Nous avons bénéficié d’un accueil très chaleureux. Il semblerait que cela dépende de la personne sur qui vous tombez. Le jeune homme a pris le temps de nous faire visiter toutes les locaux datant de 2016, spacieux et très fonctionnels.
Tout était très propre quand nous sommes venues. Il faut dire qu’une des responsables est très stricte sur le ménage et la cuisine est inaccessible entre 14h30 et 15H30.
Celle ci est d’ailleurs bien équipée; 3 fois 4 feux à gaz, poêles et casseroles de diverses tailles, planches ) découper, grands couteaux, presse-agrumes, carafes, etc… Un distributeur d’eau chaude pour les thés et cafés est accessible gratuitement. Un distributeur de boissons payantes peut aussi dépanner.
Nous avions 2 casiers et 2 mini-frigos individuels dans l’espace-cuisine. Le congélateur est collectif et se trouve dans la salle à manger.


Le camping est possible sur le très grand jardin bien entretenu. Mais, nous avons choisi la grande chambre avec douche et WC individuels pour 7900 F la nuitée.
Attention: les résidents ont l’obligation de prendre de prendre la carte valable 1 an
On y accède par un petit patio calme et nous avions vue sur le jardin et accès direct à la plage. Les draps et les couvertures sont fournis à l’accueil ainsi qu’une boîte avec assiettes, bols, verres et couverts pour le séjour. Nous avons croisé 2 familles en camping qui n’avaient pas reçu ce kit. Est-ce uniquement pour les chambres ? Pensez à demander à la réservation.

L’auberge met à disposition des kits Palmes Masque Tuba), pétanque, badminton, ballons pour le terrain de volley. Nous avons lorgné sur les kayaks que l’on pouvait emprunter mais le vent nous a découragé.
Observer sans déranger: ponte des tortues
Sans le savoir, nous avions opté pour un site d’exception de ponte des tortues à grosses têtes, à la plage de La Roche percée et à la bonne période:
- du 1 décembre au 31 janvier, tous les jours, de 20h à 1h du matin pour espérer de voir la ponte
- du 1 février au 28 février, tous les jours de 5h à 7h du matin, et de 20h à 1h du matin les vendredis et samedis soirs pour l’éclosion des bébés tortues
Les tickets adultes et plus de 13 ans coûtent 2000 F et peuvent être pris à l’Office du tourisme de Bourail ou à la maison de Deva ou encore directement sur le site https://www.eticket.nc/observation-des-tortues.
Rendez-vous est donc pris pour 20 heures avec les volontaires, sur le même parking que le sentier des 3 baies.
La sortie est organisé par l’équipe de l’ Aquarium des Lagons de Nouméa. En 2018, c’est la 2ème saison que cette initiative est en expérimentation. En effet, depuis des années, des personnes venaient sur la baie pour observer les tortues. Mais, peu précautionneux, ils faisaient fuir les tortues femelles en braquant la lumière au large ou touchaient les bébés tortues.
Sur les 7 espèces de tortues marines dans le monde, 3 fréquentent les eaux calédoniennes. Celle qui vient pondre est la tortue grosse tête. Espèce menacée d’extinction, elle est aujourd’hui protégée.
L’équipe de l’Aquarium a ainsi la dérogation pour s’approcher à 2 mètres ( au lieu de 10) et d’utiliser la lumière avec parcimonie. Le partenaire principal est l’association https://bwaratortuesmarines.wordpress.com qui oeuvre pour informer et protéger les sites de pontes. Ils font des rondes de jour et de nuit pour éloigner les chiens, prédateurs notables.
J’ai trouvé la soirée très bien organisée. Je pensais que nous allions rester dans le froid sur la plage à guetter. Mais pas du tout. Nous attendions sous un chapiteau attentifs aux explications de volontaires passionnés. Pendant ce temps, l’équipe scientifique patrouillait sur la plage pour scruter les tortues.
L’attente étant indéterminée entre 20h et 1h du matin, des boissons chaudes sont à disposition, des jeux de société et des stands d’information. Des films documentaires sont projetés pour nous faire découvrir la faune endémique, le travail de recherche et de protection. Mais, le plus captivant reste la présentation très didactique du guide ( aussi parfaitement anglophone) sur le cycle de vie et de ponte des tortues.
Nous avons été appelées lorsqu’une tortue était bien installée sur la plage et commençait à pondre. Nous avons été sensibilisés pour nous déplacer en groupe, dans le noir, sans effacer les traces de la tortues.
L’observation a commencé à 23h et a duré environ 1h, le temps de la ponte et du retour à la mer. Un moment hors du temps et je n’ai pas trouvé l’attente si longue.
Voilà pourquoi, lors de randonnées, ne touchez pas aux cagettes posées sur le sable qui sont là pour protéger les nids. Chaque nid abîmé ou perdu a de graves conséquences pour la survie de l’espèce.
Randonnée au domaine de Deva
Le domaine de DEVA est une terre kanak, pourvu d’un patrimoine historique et culturel riche, mis à jour par d’importantes fouilles archéologiques avant l’implantation de l’hôtel Sheraton. Des terres au lagon, le tourisme s’est développé depuis son acquisition par la Province Sud en 1992. Le domaine de 8000 hectares de réserve est sillonné par une grande route goudronnée.
L’accès est totalement gratuit et les gardiens postés à l’entrée sont extrêmement souriants en vous ouvrant la barrière. Nous avions l’impression de toujours les connaître.
Pour toute infos et réservation d’activités: http://www.deva.nc
Pensez à visiter La Maison de Déva qui regroupe de jolies expositions et des informations sur les sentiers
Prévoyez suffisamment d’eau car il n’y a aucun point d’eau sur le sentier et ce sont des toilettes sèches sur le parking. Nous avons opté pour une randonnée facile de 4h aux Origines du Lagon afin de mêler terre et mer. Nous observons ainsi la faille Shark où de nombreux plongeurs vont à la rencontre des requins.
L’après-midi, nous avons profité tranquillement de l’immense jardin de l’Auberge de jeunesse. A l’ombre d’un majestueux arbre, nous avons pu faire la sieste et un peu de yoga au calme.
Un coucher de soleil avec nos 2 belles noix de coco généreusement offertes et tranchées à la machette.

Déçues de ne pas trouver beaucoup de légumes locaux ou en bon état malgré 3 supérettes. Nous avons improvisé une salade de pâtes, concombre et mangue. Un délice !
Nous avons même converti une famille à cette création culinaire.