Visite du Musée Yersin
Nous avons pénétré, tôt ce matin, l’établissement consacré à cet Alexandre célèbre ici. Hier après-midi, nous étions déjà dans l’enceinte de l’Institut Pasteur qui abrite ce musée. Mais, nous sommes restés à la porte, alors que la pluie rendait propice une visite culturelle. Il ne restait que 40 minutes avant la fermeture, cela nous semblait frustrant.
Prix du billet (2017): 20 000 dongs (j’ai lu plus sur d’anciens sites)
Horaires d’ouverture: 8h-11h30 et 14h -17h
tous les jours sauf samedi et dimanche après – midi
Adresse: 10 Tran Phu, Nha Trang, Khanh Hoa Province 650000, Vietnam
Je ne connaissais le personnage que par le nom du bacille Yersinia pestis. Je savais donc qu’il avait découvert le microbe de la peste bubonique ( et encore le mot « bubonique » ne m’est revenu que ce matin).
J’avais entendu qu’il avait longuement vécu à Nha Trang et donné son nom à deux lycées vietnamiens. A l’angle du musée, la rue Yersin croise celle de Pasteur. Il était donc une figure reconnue au Vietnam, et pas seulement selon ma mère.
Alors que je n’avais sûrement pas été très attentive à mes cours universitaires sur Yersin, c’est sur la terre de mes ancêtres que j’étais curieuse d’en apprendre plus sur cet homme. Il devait bien avoir réalisé de grandes choses pour être tant adulé par mes aïeux.

On pourrait considérer le musée comme petit car la collection tient dans une seule salle. Pourtant, l’exposition révèle, avec qualité, l’étendue des talents de ce médecin, bactériologiste, explorateur, agriculteur, photographe émérite. On peut apercevoir les vestiges de la demeure de A. Yersin qui a vécu une cinquantaine d’année à Nha Trang.
Son histoire nous a passionné au point que nous ayons lu chaque courrier, chaque brouillon exposé. Nous n’avions accès qu’à une infime partie de sa correspondance. Les quelques unes à notre disposition, nous révèle son humour sans pareil.
Extraits choisis (attention spoiler):
» J’aurais bien des choses à te raconter, mais il y a deux cadavres qui m’attendent et ces Messieurs sont forts pressés paraît-il d’aller au cimetière. Adieu chère maman, lave-toi les mains après avoir ma lettre pour ne pas gagner la peste!! Ton fils aff. Dr Yersin »
Il nous faudrait une vie pour compulser les lettres qu’il envoyait hebdomadairement à sa mère puis à sa soeur. Parmi celles-ci, on peut déchiffrer ses budgets détaillés pour « liquider la question matérielle » ainsi que des anecdotes sur ses avancées scientifiques.

Nous sommes émus de découvrir un homme extrêmement curieux qui est allé au bout de bon nombre de ses passions. Certains tournants de sa carrière semblent providentiels comme sa rencontre avec Emile Roux, avec qui il découvrit la toxine diphtérique.
En revanche, ses cartes d’une grande précision de la jungle indochinoise, témoignent de sa témérité lors de ses multiples expéditions. Il en est de même lorsque l’on lit le récit de sa mission à Hong-Kong en 1894. L’Institut Pasteur l’avait mandaté pour comprendre le vecteur de l’épidémie de peste qui y sévissait. Une équipe japonaise était déjà sur place et favorisée par le personnel des hôpitaux anglais. Il ne s’est pas démonté et a fait construire en 2 jours une paillote de fortune et y installe son petit laboratoire. Quelques piastres de plus pour obtenir des matelots anglais de le fournir en cadavres…. Et quelques jours plus tard, il décrit avec précision le bacille « qu’il trouve facilement et en quantité dans les bubons et ganglions ». Dans le même temps, les japonais croient découvrir un germe dans le sang qui se révéla être un pneumocoque.
Au Vietnam, sa notoriété tient beaucoup à ses activités agricoles. Après moult essais, il réussit à introduire l’hévéa au Vietnam. La production de caoutchouc est encore actuellement une des principales ressources du pays. Il s’est tourné également vers la plantation des Cinchonas pour produire la quinine, traitement du paludisme.
S’il vivait à notre époque, on dirait peut être de lui qu’il est amateur de gadgets. Mais, il cherchait et trouvait une portée scientifique primordiale à chacune de ses acquisitions.
Difficile de partager nos impressions sans trop en dire.
Il me faut vous laisser l’opportunité de visiter le musée.
Alors je finirai par ce message personnel: « A notre ami sosie physique et intellectuel d’Alexandre Yersin, tu es prié de nous expliquer ton arbre généalogique ».
Pour en savoir plus:
- https://www.youtube.com/watch?v=RWgMmUMAlUQ
- http://www.cinema-bio.ch/FILMS/Yersin/VieAlexandreYersin-20tableaux-MuseeForel.pdf
- Patrick Deville, Peste et choléra, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2012

« J’aurais bien des choses a écrire en commentaire, mais il ya qq’un de bien vivant qui n’hésitera pas, si je ne viens pas prestement a table, a m’expédier au cimetière.
D’ailleurs pour le coup, c’est plutôt moi qui ai intérêt a me laver les mains… »
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» Je ne dirai pas que je m’en lave les mains car il n’y a pas que l’hygiène dans la vie. Il y a l’humour aussi »
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A part ça.. Et c assez rare.. Plus je regarde la photo, plus, c’est vrai, je trouve un truc… Ça fait un peu bizarre…
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Tu as peut être des racines cachées à Nha Trang ou Dalat 🙂
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