Adoptée par une famille à Mai Chau

Après 4 jours à Hà Noi, entre brouillard et pollution, je me mets en quête d’un peu d’espaces verts.  Les paysages de rizières du Nord – Vietnam sont réputés mais il s’agissait, cette fois-ci, de faciliter au maximum le voyage.

Il y a 10 ans, j’avais découvert les rizières en terrasse de Sapa, ses rizières en terrasse. Ce fut une belle découverte et de jolies rencontres avec  des guides locaux, en costumes traditionnels, pour l’occasion. Mais, entre la distance et l’exploitation touristique, je n’avais aucune envie de réitérer.

Mon frère et ses amis me conseillaient des contrées plus reculées et calmes comme Hà Giang, Ba Bể et son lac ou encore Mù Cang Chải et « ses rizières à couper le souffle ».

Photo : CNBC/CVN

Mù Cang Chai devrait figurer en tête de liste des voyages en 2020, selon le site web américain CNBC.

 

Cela avait l’air magnifique et hors du temps, mais, qui dit reculées, dit beaucoup d’heures de bus, voire pas de bus.  Et franchement, cette année, l’objectif était « tranquillité d’esprit ».

 

Nous choisissons Mai Châu.

Assez connue pour être bien desservie en bus. Assez loin pour espérer fuir l’effervescence de Hanoï : 160 km soit environ 3h30 de bus  ( sauf quand votre chauffeur de retour s’est mis en tête d’arriver en 2h30…).

L’option la plus économique à 2 aurait été le bus local à la gare routière de My Dinh. Les tickets sont à 80 000 dongs, soit 3,2 €. A partir de 4 personnes, louer une voiture privée via une agence peut s’avérer économique et bien plus flexible.

Vous pouvez comparer les compagnies de transports sur https://vexere.com/

Je ne peux vous conseiller aucune de ces options, en contactant directement la compagnie Mai Chau Shuttle bus. Pourquoi celle-là? Je n’ai d’autre réponse que leur réactivité sur whast app un samedi soir à 23h. La communication a été claire: nom, date, prix (250 000 dongs/personne/ trajet) , point de rendez-vous. 

Comme la plupart des compagnies de bus touristiques, elle assure un ramassage des clients à leur hôtel dans le vieux quartier de Hanoï. Etant logés près du lac de l’Ouest, on nous a donné rendez-vous devant leur « bureau » à 7h30.

Le jour J, malgré un trajet en bus local dans la ville (parce que j’adore ça), nous sommes arrivés très en avance à 6h40. Aucun panneau devant une devanture fermée mais 2 autres français étaient déjà là. On leur avait annoncé un départ à 7h et de venir 30 minutes avant. Quelques minutes plus tard, un voyageur patiente aussi. On lui avait juste dit 7h.

Rassurés de ne pas être seuls mais confus par ces horaires discordants. Au final, le bus est arrivé à 7h15, nous étions bien tous sur sa liste pré-imprimé, le tour-guide était sympathique. Nous sommes partis pour la tournée des hôtels du vieux quartier pendant 30 bonnes minutes. Puis en route vers Mai Châu.

La conduite était plutôt assurée et en silence ( pas de musique, peu de klaxons), pour notre plus grand plaisir. Dans la mesure du possible, le bus vous dépose à votre homestay. Sinon, une navette électrique type voiturette de golf vous récupère.

 

Que faire sur place ?

Essentiellement, profiter du calme et du paysage. Des agences organisent des sorties en vélo et des randonnées. Nous avons choisi de nous balader dans la plaine sans but particulier.

 

En 3 jours, nous ne nous sommes pas lassés de regarder les rizières. Nous avons pu observer les différentes techniques de repiquage et d’irrigation. Ou simplement, écouter les femmes se raconter les derniers potins et éclater de rire tout en travaillant sans relâche.

Le dernier jour, j’ai voulu visiter La grotte Hang Chieu

Le chemin d’accès est très facile à trouver depuis la route principale.  La montée est payante : 10 000 dongs pour 1200 marches ….

que nous n’avons finalement pas gravi jusqu’au bout. Entre le soleil et l’horaire du bus du retour, nous avons préféré redescendre, après avoir pu voir Mai Châu d’un peu plus haut. J’ai plutôt opté pour un bon jus de canne à la descente.

 

Le logement en homestay

De part sa facilité d’accès, Mai Châu est assez touristique avec foison d’hôtels et de maisons d’hôtes. On est loin de l’authenticité du village Kon Kotu

Mais, j’ai suivi les conseils du blog Brice en choisissant la même maison d’hôte à l’écart de Ban Lac . J’ai retrouvé l’adresse sur google maps ainsi que la page facebook par laquelle j’ai pu contacté Ngoc Hue homestay

Là, encore la réservation fut rapide par messenger mais je me suis débrouillée en vietnamien. A priori, notre hôte Ngoc a quelques bases en anglais au vu des touristes qui passaient boire le café chez elle.

Nous n’avons pas été déçus par l’accueil. D’un côté, le bar où se mêlent locaux et touristes de retour de trekking. De l’autre, la maison sur pilotis où nous logeons sur une petite natte protégés par une moustiquaire. Les sanitaires sont à l’extérieurs mais pratiques et propres.

Sur ce terrain, vivent notre hôte Ngoc et ses parents adorables ainsi que sa grand -mère qui ne s’arrête jamais de travailler. Ils parlent un mélange de thai et de vietnamiens entre eux et ne s’arrêtent jamais de sourire.

Malgré son isolement, l’endroit est fréquenté lors des sorties de travail des locaux. Il y a eu quelques moments de musiques et éclats de voix. Mais à 23h maximum, on n’entendait que les grenouilles et parfois le coq.

Le tarif est doux : 200 000 dongs/ personne/ nuit comprenant le petit-déjeuner et le dîner. Chaque repas fut succulent. Le thé est d’une rare amertume mais vaut le détour.

Le 2ème jour, la famille de Ngoc a débarqué en trombe, ramenant le petit dernier de 5 mois, la coqueluche de toute la famille.

Ni une ni deux, nous étions conviés à partager le dîner. Mais, à la vietnamienne, les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Les plus jeunes hommes ont essayé de se défiler car se mettre à la table des oncles voulaient dire partager l’alcool de riz. Seul le jeune papa a réussi à rester à la table des femmes, sous prétexte de garder le bébé. Stratégie payante 🙂  Le petit bout de chou était adorable, curieux de tout et en pleine découverte de saveurs. Il faut dire, qu’il y en avait sur la table. Je ne peux pas tout vous décrire, ça pourrait choquer quelques uns.  En tout cas, à 5 mois, il a pu goûter à de multiples mets grâce à une invention géniale que je découvrais: la tétine alimentaire !!

 

Nous nous sommes régalés. Les jeunes ont donné la technique à mon chéri pour faire semblant de boire l’alcool de riz mais les tontons n’étaient pas dupes. Ils n’ont pas été insistants  mais m’ont rapidement dit que si aucun des 2 ne buvaient d’alcool, le temps nous paraîtrait long à table.

Le message a été vite compris et nous avons voulu nous retirer après ce succulent repas traditionnel en famille mais sans compter sur le patriarche ! Ils nous a offert le thé. On ne pouvait pas refuser, surtout pour son goût atypique. Mais, je n’avais pas du tout anticipé les 40 longues minutes qui ont suivi. D’une oreille, j’entendais la tante extravagante s’égosiller au karaoké maison. J’essayais de tendre l’autre pour écouter le patriarche me raconter sa version de l’histoire du Vietnam. Année après année, depuis 1943 jusqu’à 1998. Des faits historiques, non inscrits dans les livres, à l’année de son premier réfrigérateur. Entre le bruit, ma maîtrise approximative du vietnamien et les digressions fréquentes de notre hôte, je n’ai saisi qu’un tiers du discours.

Ce fut passionnant, mais heureusement, que le plus jeune neveu, toujours le même, est venu me sauver, en interpellant son oncle. Ce fut fait avec tellement de classe et de subtilité, je regrette de ne pas voir pu le remercier du geste ( ça aurait été trop flagrant devant tonton…).

Voilà une petite parenthèse de 2 nuits, loin de la ville et pourtant assez simple à organiser. La vie de village, c’est aussi pouvoir réserver son bus retour en croisant notre « guide » en moto. Et le croiser à nouveau avant le départ alors qu’il fait la balade à vélo avec son précédent groupe. Malheureusement, nous avons été déçus de ne pas être rentrés avec le même chauffeur , ni le même guide. Le duo dont nous avons hérité était beaucoup moins souple que ce soit dans la conduite que dans l’accompagnement. Le seul avantage ? Une arrivée avec 1h d’avance.

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