Cela fait bientôt une semaine que cet article est en suspend. Pourtant, je voulais partager une des découvertes qui nous a le plus fasciné. Pas facile de retranscrire ce qui nous a enthousiasmé alors je vais être factuelle.
Lors de notre voyage dans le Delta du Mékong, nous n’avons pas uniquement mangé et regardé défiler les embarcations de pêcheurs. Un peu pour profiter de l’air conditionné, beaucoup pour comprendre un peu plus le système vietnamien, nous sommes entrés dans une grande librairie de Can Tho.
En entrant, les rayons et têtes de gondole sont similaires à ce que nous connaissons: romans best-seller, romans fantastiques, CD , DVD et suggestions de cadeaux de fin d’année.
Mais, nous constatons rapidement que les rayons spécialisés sont bien plus fournis que chez nous.
La ville est très étudiante et l’université de Can Tho est la principale du delta du Mékong. Elle propose des filières de pointe en agronomie, environnement et télécommunications mais également en droit, médecine, informatique ET pédagogie…
Parmi tous ces livres très pointus que nous compulsons avec plaisir, il y a une étagère entière de petits guides didactiques à très bas coût (30 000 à 50 000 dongs soit 1.20 à 1.80 euros) pour cultiver les rizières, planter des choux ou s’occuper du bétail. Ces guides conçus par des entreprises publiques ne sont pas des ouvrages pour amateurs. Mais bel et bien, un manuel précis et simple pour monter rapidement son affaire. Et ce, pour le prix d’une soupe Pho.
Le rayon Pháp luật nous a également interpelé. Littéralement, on pourrait traduire par « Règles françaises ». Il s’agit du rayon universitaire consacré au Droit.
J’ai posé la question de l’origine de cette dénomination à une vietnamienne. Elle m’a rappelé que l’oncle Hô a vécu en France et fait partie des membres fondateurs du Parti Communiste Français.
Mes lectures m’ont plutôt mené sur la piste de la politique de « Renouveau » (ou « Đổi mới ») initiée en 1986 par les autorités vietnamiennes. La volonté était d’introduire l’économie de marché dans ce pays communiste et faire entrer le VietNam au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce. Pour cela, il fallait instaurer un droit moderne et rassurer les investisseurs étrangers avec des garanties civiles et commerciales. Avec l’impulsion de François Mittérand, la Maison du droit vietnamo-française a vu le jour et le Code civil vietnamien a été adopté en 1995, suivi du Code de commerce, sur le modèle du droit français.
source: http://www.institut-idef.org/Presentation-sur-le-droit-civil.html
Je serai ravie d’avoir plus d’informations en commentaire, si vous en savez plus !
Continuons notre visite de la librairie avec le rayon dictionnaire et apprentissage de l’anglais.
Il y a bien sûr les ouvrages classiques scolaires, les bouquins pour passer TOEIC , TOEFL et autres certifications. Mais, il y a beaucoup plus pratique et accessible aux travailleurs vietnamiens:

Ces guides sont dupliqués pour d’autres métiers et en plusieurs langues, notamment le japonais. Les nippons étant l’une des premières communautés d’expatriés au VietNam.
La partie de la librairie où nous nous sommes le plus émerveillés, n’est pas un rayon identifié. Comme en France, la partie scolaire est sub-divisée en niveau ou âge et en matières. Et bien à chaque tête de gondole, vous pouvez trouver 4 à 5 fiches en format A4 ou A3 repliée pour tenir dans la poche. Ces fiches résument l’année scolaire entière en mathématiques ou physique ou encore éducation civique, etc… Claires mais complètent, elles coûtent entre 5 000 et 10 000 dongs. En plus de fournir à moindre coût le programme entier à chaque élève, le cours est présenté sous forme de carte heuristique ou Mind mapping.
En France, ce processus de carte mentale commence à être à la mode. Il y a même des stages onéreux pour apprendre à mettre ses idées en arborescence. Dans le même temps, au VietNam, chaque élève a accès à cette forme d’apprentissage pour le prix d’un jus de canne et ce, dans toutes les matières!
Il semblerait que cette pédagogique soit récente au VietNam, démocratisée depuis environ 2010. Mais, ce qu’on a vu dans cette librairie ne ressemblait pas à des débuts balbutiants.
Pour preuve, la plus grande carte mentale au Livre des Records est vietnamienne.
Elle a été réalisée par 1600 étudiants vietnamiens en 17 heures. Elle représente une feuille de lotus rose à 6 branches qui traitent chacune d’un domaine propre à ce pays : économie, éducation, habitants, culture, géographie et histoire.

P.S: Diep, je n’ai pas trouvé le Monde de Narnia en vietnamien


