Nos adresses à Mui Né

Petit bilan de notre séjour en bord de mer à Mui Né

Nous avons beaucoup apprécié notre semaine de repos entre jus de coco et scènes de vie quotidienne entre pêcheurs. Les klaxons se font plus rares qu’à Ho chi minh-ville. Ils se font tout de même bien ressentir quand il s’agit d’un camion ou un bus.

port de Mui Né

J’ai lu, ici et là, que la ville de Mui Né est beaucoup trop touristique avec l’impression d’être en Russie. 

Effectivement, une portion d’environ 5 km le long de la plage n’est qu’une enfilade d’hôtels, agences de voyage, loueurs de scooter, restaurants, vendeurs de fruits ou de vêtements, etc… Pire, la quasi-totalité des devantures sont traduites en russe. Il n’y a parfois pas de traduction en anglais.

Mais, comme le patron de la guesthouse m’expliquait, il a fallu s’adapter à la clientèle. Son site web a une version en russe alors qu’il n’en connaît pas un mot. 

En revanche, je ne suis jamais allée en Russie mais je ne pense pas que l’on ait le même paysage….Le quotidien de nos précédents hôtes russes se partageait entre surf, yoga, marché de fruits et balade en bord de mer. Je ne pense pas que ce soit le cas dans leur pays d’origine.

L’activité principale dans cette portion de la plage est la planche à voile, avec une bonne dizaine de club proposant des cours. Il est difficile de trouver de tels spots sans augmentation du tourisme aux alentours. D’ailleurs, ne sommes nous pas tous touristes, en voyage?

Véli planchistes à Mui Né
Pour le coup, nous sommes devant un club de véli-planchistes coréen

Et si vraiment, on déteste regarder des touristes russes sur leur planche, on peut zoomer sur les pêcheurs…

pêcheur Mui Né

Revenons à nos adresses fétiches durant cette semaine.

  • Le logement:

Nous avons trouvé sur internet, une charmante guesthouse tenue par père et fille depuis quelques années. Nous n’avons échangé que le dernier jour mais ce fut très amusant de discuter du système de santé vietnamien.

http://www.duyanguesthouse.com/

Les chambres sont isolées du bruit de la route mais nous avons la malchance le premier jour d’être mitoyens de touristes se pensant chanteurs et le lendemain, catcheurs. Heureusement, tout s’est calmé par la suite.

Il y a eu du soleil toute la semaine avec des températures avoisinant les 37°C. Nous avons donc apprécié la petite allée d’arbres fruitiers et son petit carbet.

Duy An Guesthouse

 

A 50 mètres vers la gauche, nous avons emprunté pluri-quotidiennenement, ce chemin de sable vers la plage.

On prend le temps de profiter de chaque instant et de chaque rayon de soleil. Chapeau indispensable!

Comme tout ça ne nourrit pas son homme, nous avons testé quelques adresses pour nous sustenter.

  • Restaurant de grillades : BBQ

Commençons par un des rares endroits où nous avons été déçus. Je pense que ce restaurant nous survivra vu l’affluence de touristes qui y vont. Impossible de manquer le QUOC HUNG à 2 pas du Fairy Stream. C’est un des rares à disposer d’une grande terrasse couverte et les canards rôtis à l’entrée nous ont fait saliver. 

Nous avions pourtant, commandé du poulet grillé au barbecue mariné à l’ail pour éviter toute déception. Et bien, nous regrettions presque le KFC. Après 30 minutes d’attente, l’assiette est maigrement fournie avec 3 ailes de poulet très grasses, sans aucun saveur et 10 frites toutes molles. J’ai même demandé à la serveuse si elle ne s’était pas trompée dans la commande tellement je ne sentais ni l’ail, ni le côté grillé. Mais, elle m’a expliqué que la marinade coulait quand on fait une grillade. Nous étions tellement sur notre faim que nous sommes retournés dans notre spot de la veille.

A peine 50 mètres plus loin en direction de Phan Thiet, une charmante dame cuit la viande marinée dans un petit grill de fabrication artisanale. Nous sommes installés sur de petites tables en plastique sur un grand terrain bétonné. L’attente est un peu longue mais ça nous a permis d’assister à la performance d’un autre client vietnamien au karaoké. 

Le résultat est incomparable pour nos papilles. Pourtant, nous avions fait simple: poulet grillé au sel et piment. Le plat était accompagné de légumes marinés comme on les aime et notre aromate fétiche: le rau ram.

Monsieur a demandé à la cuisinière où elle trouvait cette herbe qu’on ne voyait pas sur les étals à Mui Né. Elle est revenue avec un grand sourire et une assiette pleine de rau ram. Elle nous a précisé qu’elle en trouve au marché mais qu’il faut savoir la demander.

C’est tout naturellement que nous sommes revenus chez elle après notre mésaventure au barbecue guindé du coin. Sous ses conseils, nous commandons de la viande de biche grillée. Ce fut tellement à notre goût que nous sommes revenus une 3e fois.

Cette fois-ci, nous avons pu assisté à une soirée d’anniversaire entre jeunes vietnamiens. A chaque nouvel invité endimanché, l’organisatrice de la fête répétait en plaisantant « On avait dit 19 heures , hein !!! ». Les derniers sont arrivés à 19h48. J’en  connais tellement qui seraient arrivés à 21h. Mais ici, en 48 minutes, ils ont eu le temps de faire une trentaine de photos de groupe.

Viande de biche grillée

 

  • Restaurant Tre Xanh: cuisine vietnamienne

A quelques pas de notre guesthouse, juste en face du restaurant Cánh Buồm Vàng, ce restaurant modeste mais propre, surplombe la route, nous abritant du soleil et du bruit. Nous y avons bien mangé et en quantité. Ce que nous avons préféré: Ca ri de poulet et porc à l’ananas. Les jus de fruits frais étaient également très bons.

  • The Food Court

Un soir, j’ai voulu faire Madame-tout-le-monde et aller découvrir ce concept plébiscité sur internet. L’idée est sympa: en un seul lieu, sont regroupés des restaurants « rapides » de plusieurs nationalités. Le menu regroupe toutes les cartes: cuisine vietnamienne, kebabs, portugaise, indienne, wok, barbecue et végétarien. Nous pouvons commander où bon nous semble, à condition de retenir le numéro de la table. 

A 19h, l’endroit est bondé et nous avons peine à repérer chaque enseigne. Malheureusement, 2 restaurants indiens sont fermés ainsi que le portugais. Alors on tente la commande au kebab. Le café végétarien est en fait tenu par des Indiens et propose des mets appétissants. On rajoute donc un Cheese Nan.

Tous les restaurateurs semblent surchargés de travail. Nous ne sommes donc pas surpris de l’attente. Après 40 minutes, la table voisine ne souhaitant plus attendre, est partie sans prévenir. Quand j’ai vu le serveur apporté à leur table le tant attendu kébab, je lui ai expliqué la situation, sans penser à lui réclamer les nôtres. Ce n’est que 10 minutes plus tard, que j’entends les clients s’énerver au stand des kebabs. En fait, il n’y en avait plus mais ils avaient pris tellement de retard, qu’il n’avait pas encore pu prévenir les clients.

Entre temps, nous n’avions pas eu, non plus, notre Cheese Naan. Persévérants, nous avons décidé de commander deux plateaux de falafels au Café végétarien. Nous avons le premier après 30 minutes, le 2ème encore 20 minutes après. Et 2h30 après notre commande, est arrivé le Cheese Naan. Heureusement, que tout cela était bon !!

Les congés du Nouvel An de 4 restaurants a du désorganiser tout ce petit monde. Il faudrait tester à nouveau un jour de moindre affluence.

  • Allez vers le marché

C’est là que nous avons dégusté les plats les plus économiques et riches en saveur. Nous y sommes allés avec nos hôtes russes. Tout le monde s’est régalé pour le plaisir de la cuisinière et des ses assistantes. Tout le monde était souriant et curieux de savoir si nous apprécions nos plats.

« Ngon Khong? » : est-ce bon?

« Ngon » !! à l’unisson

A 25 000 dong le plat, nous ne pensions pas trouver moins cher. Et bien, si c’est possible et quasiment en face de notre guest-house.

  • Bun thit nuong= vermicelles avec boulettes de viande grillées

Voilà, ce qui m’a attiré chez cette dame. Elle tient avec son mari, un petit restaurant de rue en face de sa maison.  Mais, comme tout restaurant de rue vietnamien, la plupart des plats ne sont plus servis après 11:30. Nous avions oublié à force de vivre au rythme des restaurants ouverts en continu, dans cette ville touristique.

Ainsi, la première fois, nous n’avons pu commandé que le riz avec côtelette de porc grillé. La marinade de Madame et la technique de grillade de Monsieur nous ont fait passer un excellent moment culinaire.  Rapport qualité prix imbattable: 20 000 dong l’assiette !

Ce n’est que le lendemain que nous avons atteint le Graal:

Bun thit nuong

 

 

La cuisinière était ravie de voir que nous savourions notre plat. Elle a même dit quelques phrases en vietnamien à doudou. C’est qu’elle « le trouve tellement gentil ». Je passe du temps à parler avec elle, à évoquer sa jeunesse à Huê, ses enfants aux Etats-Unis… Doudou, il sourit et elle le trouve charmant…

Nous avons assisté à beaucoup de scènes cocasse dans cette gargote. Monsieur qui se fait remonter les bretelles car « Pourquoi tu ne m’aides pas avec le riz au lieu de regarder ta viande griller?!! ». Il grille, il lave, il range, il va faire de la monnaie à côté, il ramène des glaçons. Tout ça sans broncher et nous échangeant quelques sourires. Et pourtant, Madame l’hyperactive, trouve qu’il ne fait pas assez.

On s’est amusé à imaginer qu’ils étaient rentiers. Et qu’ils tenaient à 60 ans cette gargote, juste pour faire plaisir à Madame qui avait besoin d’un hobbie… Bien sûr, je ne me suis pas risquée à leur demander s’ils étaient rentables à 20 000 dong le plat.

Instant émotion: Nous avons pris notre dernier repas Bun Thit Nuong, pour leur dire au revoir. Elle nous a bien répété de revenir dans le coin à notre prochain séjour. Et je ne sais pas si ce qui s’est passé dans leur tête…. Elle s’est rapproché surement pour me prendre dans ses bras. Là, mon chéri, pris au dépourvu lui a fait la bise ( pratique très peu courante au Vietnam). Mais, c’est qu’elle a tendu l’autre joue ! Elle en a trébuché la pauvre.. 🙂

Autre détail qui nous a beaucoup fait sourire à Mui Né, c’est que tous ces restaurateurs fonctionnent à flux tendus. Ils ont peu de stock et s’approvisionnent au fil des commandes. Plus de sodas, une soeur s’en va à la supérette du coin, passe par la cuisine et fournit la serveuse qui ramène le tout à table. Idem pour le sucre, les oeufs, les vermicelles, etc… Le plus étonnant a été le poisson entier qui traverse la salle, à défaut de coulisses… puis le canard embroché!

Au moins, il n’y a pas de gaspillage avec ce système !

 

Je passe sur tous les jus de coco pris en bord de mer ou en bord de route. Nous avons passé un excellent séjour à Mui Né. Le patron de la guesthouse était tellement absorbé par notre discussion sur le systeme de santé et sur La France qu’il en avait oublié de nous faire payer le bus vers Nha Trang.

Une fois tout réglé, nous voilà repartis pour 5h de bus le long de la côte.

 

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